Tribulations
En mode "courses", je passe par le rayon littérature. J'y aperçois le livre:

Couverture attractive, qui semble présager de beaucoup d'anecdotes sympathiques et d'une bose dose d'humour.
Un film sort même demain, issu de ce petit bouquin, lui-même faisant la suite d'un blog, dont je n'avais pas connaissance auparavant.
En guise de préambule, l'édition explique même qu'Anna Sam a un DEA de littérature, et qu'elle a travaillé pendant 8 ans en grande surface. Son livre a même été traduit en 20 langues, donc a été apprécié. Un petit prix, des petits chapitres de rarement plus de 3 pages, de quoi passer du bon temps entre 2 stations de métro.
Les premières pages se lisent avec le sourire, en imaginant ce qui a pu être son quotidien et ses conditions de travail. Puis le sourire s'estompe, parce que le ton est vraiment très (trop?) léger et que finalement, le style manque un peu de consistance. L'écriture semble être plus adaptée pour un blog, à une écriture quotidienne, mais aurait sans doute gagné à être retravaillée pour être davantage étoffée.
Bref, un roman de gare à lire entre 2 stations de métro...
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Splendid!!!
Petite escapade culturelle au Splendid, complètement improvisée, et très très appréciée, j'ai nommé:
Voici le pitch:
1534. Le roi de France est acculé de toutes parts. Son ultime espoir : Florimont de la Courneuve, le meilleur de ses agents… enfin de ceux qui lui restent… enfin, le seul qui lui reste. Objectif : Constantinople. Ses adversaires : des mercenaires plus terrifiants que des compagnies d’assurances, des traîtres Espagnols qui sentent les tapas à plein nez et même une femme au bonnet M.
Florimont évitera-t-il tous les dangers ? Réussira-t-il sa mission ? Sommes-nous toujours obligés de poser ce genre de question dans un pitch ? Pour toute autre demande, ne quittez pas, un opérateur va vous répondre. Un voyage au cœur de la Renaissance. Une mission au péril de la vie des autres. Et surtout, le premier spectacle qui s'est fait flashé à 240.
Pour voir quelques extraits de la pièce, c'est ici
On reconnaitra même une ancienne de la Star Ac', avec beaucoup d'auto-dérision
Bref, une pièce à aller voir, si on veut passer 1h30 à rire
8 femmes, 1 livre

Odette Toulemonde et autres histoires, Eric-Emmanuel SCHMITT
Livre de poche 31239, 6.50€
Il est de ces auteurs qui ne font pas que décrire la vie de leurs personnages, mais qui nous la font partager le temps de quelques pages.
8 histoires de 8 femmes toutes aussi différentes qu'attachantes (une petite vendeuse, une milliardaire implacable, une trentenaire désabusée, une princesse aux pieds nus, des maris ambigus, des amants lâches, des mères en mal de filles...)
Extrait de la postface:
" Ce livre relève de l'écriture interdite.
Il y a un an, on m'offrit la possibilité de réaliser un film de cinéma. Comme je dus travailler dur pour m'y préparer, apprendre à maîtriser le langage de l'image, du cadre, du son, du découpage, je fus empêché d'écrire.
Ensuite, à la veille du premier tour de manivelle, on me tendit un contrat qui m'interdisait le ski et tout sport violent; lorsque je le paraphai, on me fit comprendre qu'il serait préférable aussi que je n'écrive pas, bien que, de toute façon, je n'en aurais pas le temps.
C'était trop me provoquer.
Pendant le tournage et le montage, j'ai donc profité de mes rares heures inoccupées pour m'isoler de mon équipe et rédiger sur les bords de table, le matin au petit-déjeuner, le soir dans les chambres d'hôtel, ces nouvelles que j'avais en tête depuis longtemps. J'éprouvais de nouveau le bonheur d'une écriture clandestine, celle de l'adolescence: noircir des pages retrouver le goût des plaisirs suspects.
D'ordinaire, des nouvelles donnent lieu à des films. Ici, ce fut l'inverse. Non seulement mon film m'a permis de composer des nouvelles, mais lorsqu'il fut terminé, histoire de prendre une fois encore le contre-pied, je décidai d'adapter le scénario original en une nouvelle.
Le film s'appelle Odette Toulemonde, la nouvelle aussi. Cependant, quiconque s'intéressant au cinéma et à la littérature et prenant connaissance des deux formes en notera surtout les différences, tant j'ai cherché à conter la même histoire en deux langages. Utilisant des moyens inégaux, les mots ici, les images animées sur l'écran. "
Tu seras une femme, ma fille
"J'aimerais tant que tout soit possible. Être fille et ne pas faire souffrir ma mère, être mère et protéger mes filles, être femme et chérir la petite Nathalie en moi, être sage et demeurer folle, être séparés et se garder aimants, gouverner sans être solitaire, être publique et cependant comprise, me savoir futile et toutefois utile.
Être libre, et attachée à toi"
Dit Ryckiel, fille de la grande Sonia.
Nathalie, de son prénom, a écrit un de ces livres qui se terminent avec regret et nostalgie. Ce petit bout de femme nous livre des instants de vie, avec légèreté souvent, humour beaucoup, langue de bois jamais. Elle partage tout au long de ces quelques 200 pages ses larmes, ses amours, ses amitiés, ses joies, sa relation avec sa mère, ses filles, ses amants, son travail pour que la maison Ryckiel reste toujours au top.
Morceaux choisis:
"LADY SUSAN
Connaissez-vous ces plateaux en bois pivotants que l'on installe au centre d'une table ronde et sur lesquels on dispose la nourriture? Chaque convive se sert, à tour de rôle, faisant tourner le plateau pour amener devant lui celui des plats qui le tente. On a traité de paresseuse la maîtresse de maison qui l'a créé, une certaine Susan. Moi, je la trouve ingénieuse. Son invention m'évoque tout ce que l'on offre à ses enfant en essayant de les éduquer. Sur le plateau familial central, on présente des soupières d'amour, des saladiers d'intelligence, des plats de tolérance, des ramequins de courage, des saucières de respect, des salières de paix intérieure, des poivrières de sens critique, des cuillères de culture, des fourchettes diététiques, des conversations d'optimisme. Si l'on peut. Ce qu'on peut. Tout ce qu'on peut. Dans une vaisselle de légèreté. On essaie de laisser dans le buffet les clefs à tiroir, la porcelaine d'anxiété, les verres en cristal d'antécédents familiaux. On installe tout son monde sur des chaises robustes, dépareillées parfois, mais en bon bois bien solide. On fournit les serviettes en tissu de famille. La mère et le père conçoivent la table, préparent et disposent les mets. A chacun des enfants de faire tourner ce qui lui convient, d'apprendre à attendre son tour.
Chacun se sert, et les parents aussi. Les invités apportent le dessert, tout le monde goûte à tout et le dîner est pourtant différents pour chacun..."
In Tu seras une femme, ma fille, Nathalie RICKIEL, Calmann-lévy, janvier 2010










